Semaine du 25 avril
02/05/2005
Lundi 25 avril 2005. Je rentre précipitamment de chez mes parents pour honorer un rendez-vous avec l'ami T., qui a un projet d'article à faire à deux. Ce n'est pas très intéressant, mais ça me donne l'illusion que je m'occupe. Le soir, T. me raccompagne et bouffe à la maison. Mon connard de chat s'est vengé de notre escapade du week-end en pissant sur mon bureau. T. nous appelle « les copains pue-la-pisse ».
Mardi 26. Journée à la capitale régionale avec Nonale la Chacale, pendant que les petits sont chez la nourrice. On bouffe au resto indien. En remontant la rue, je passe devant l'immeuble pourri où j'avais ma chambre d'étudiant. Il fait aussi beau que le jour où j'avais visité ce clapier, et la vue est toujours aussi belle. Le soir, je vais au ciné voir De battre mon cœur s'est arrêté, de Jacques Audiard. Romain Duris me fascine, Niels Arestrup me donne envie de pleurer.
Mercredi 27. Matinée didactique : je visite la laiterie coopérative qui fait vivre le bled où j'habite. J'apprends que 500 000 litres de lait y sont retraités quotidiennement, que cette boîte compte 550 salariés et qu'elle collecte son lait dans mille fermes. Je m'en tape complètement.
Jeudi 28. Il est temps que les vacances des profs et des mouflets s'arrêtent : aujourd'hui, nous passons la journée chez mon beau-père. Celui-ci est tellement content qu'il nous propose d'emmener les minus au McDo le soir. Venant de sa part, c'est aussi incongru que si George Bush déclarait avoir envie d'un bon pot-au-feu. La journée est sympathique, mais je n'avance pas d'une ligne sur mon boulot.
Vendredi 29. Journée « maintenance » : sauvegarde de mes documents, formatage du disque dur, réinstallation de tout le bouzin. Il était temps, l'ordi commençait à planter toutes les dix minutes. J'en profite pour virer tous mes logiciels Microsoft : j'avais déjà adopté Firefox depuis la version 0.8, voici que j'essaie avec succès OpenOffice.org — OOo pour les initiés, je crois. Ce truc est une merveille. Je m'amuse comme un gosse à enregistrer toutes sortes de documents en PDF. Rhaaa ! Voilà un truc qui m'aurait plu quand j'avais un vrai métier !
Cette nuit, j'ai eu une insomnie, tout ça parce que j'ai vu le nom d'une concurrente dans l'ours d'une publication qui m'avait contacté. Il est temps de passer au « plan B ». Leitmotiv du moment : puisqu'un gars comme Didier Daeninckx a réussi, je vois pas pourquoi je n'y arriverais pas — ouais, je suis hyperprétentieux, parfois, mais c'est ce qui me permet de survivre.
Samedi 30. On emmène les petits à la ville pour les faire profiter du train et du tramway, deux trucs qui les faisaient saliver. Au manège, une relation de mon ancien boulot fait semblant de ne pas me voir. Ça fait toujours plaisir de constater que, lorsqu'on ne représente plus le groupe musical le plus courtisé de la région, on n'est qu'une merde. Le soir, je vais au ciné voir Crustacés et coquillages, un film frais avec le trop rare Gilbert Melki. J'y suis TOTALEMENT seul : l'équipe de football locale joue au Stade de France, ça excite tout le monde, y compris le placide patron du café. Je ne comprendrai jamais rien au sport.
Dimanche 1er mai. Ironie du sort, les deux premiers jours fériés du mois de mai tombent un dimanche, juste l'année où le gouvernement décide de supprimer le lundi de Pentecôte. Les gars du MEDEF doivent bien rigoler. Je passe l'après-midi à bricoler un CV « cliquable » — avec des hyperliens actifs dans le PDF — grâce à OpenOffice et à une bidouille trouvée sur Framasoft. Et la nuit, j'envoie un petit courrier à toutes les agences de com' de ma région. Tout ça sans illusion : statistiquement, j'ai à peu près autant de chances de trouver un boulot par ce biais-là que de gagner au loto. Je commence à fatiguer un peu, là…