Semaine du 14 mars

Lundi 14 mars. Ce matin, j’ai commencé — enfin — à travailler sur un site perso orienté « je cherche du boulot ». Je suis assez content de mes progrès en HTML, même si c’est complètement dépassé et que plus personne ne va voir les sites qui ne sont pas en Flash… N’empêche que, même avec cinq ans de retard, j’ai tout fait à la main comme un grand et que c’est beau.


Cet après-midi, je suis allé à la capitale régionale comme tous les lundis. C’est une habitude nécessaire qui me gonfle, mais qui est compensée par le plaisir de prendre le train avec un bon bouquin. À la ville, en revanche, je suis plutôt mal à l’aise. J’ai du mal à croire que j’ai pu habiter là pendant quinze ans et m’y sentir bien. Dès que je les quitte, les mouettes me manquent.


Enfin, minutage exceptionnel : hier soir, j’ai regardé une nouvelle fois L’Armée des douze singes, pour tenir compagnie à une prof qui vit sous le même toit que moi et qui doit le faire étudier par ses élèves. Et ce matin, presque inaperçue à la fin des infos de France Inter, LA nouvelle qui fait peur : il y a plein de cas de grippe aviaire au Vietnam, la transmission d’homme à homme a commencé et la réalité va enfin pouvoir rejoindre la fiction. Je trouve qu’une des scènes les plus saisissantes de L’Armée des douze singes, c’est un plan très furtif, au début, lorsque le personnage de James Cole — Bruce Willis — est interrogé par la communauté des « scientifiques ». Derrière la femme qui lui fait face, James Cole aperçoit une vieille coupure de presse. Un gros titre qui dit « Millions fear end ». À la gare, j’ai aperçu une manchette qui annonçait que la grippe aviaire pouvait tuer un milliard de personnes. Avec le film de Gilliam en perspective, ça fait encore plus frissonner…


Ça n’empêche pas la rédaction de France Inter de placer ça tout à la fin de ses infos de treize heures, bien après la santé du pape et les faits divers habituels. Dormez, bonnes gens, on continue à vous prendre pour des cons.

Mardi 15 mars. Hé, ho, je vais pas me répéter, hein. J’ai déjà raconté cette journée dans un autre billet !

Mercredi 16 mars. Ah ah ! Journée à marquer d’une pierre blanche : premier petit café matinal en terrasse de l’année 2005. C’est dans des moments comme celui-ci qu’on serait presque tenté de croire au Gastéropode. Puis, balade sympa « à la ville » avec Nonale la Chacale, petite parenthèse tranquille pendant que les enfants étaient chez la nourrice. Et l’après-midi, vengeance ! Un élu minable du coin avait voulu acheter mes talents supposés de lèche-botte, en m’invitant à bouffer — invitation poliment refusée — et en essayant de me faire prendre des vessies pour des lanternes, et du vent pour de prétendues « infos confidentielles ». Demain, il sera pas déçu en ouvrant son journal, celui-là : comme j’étais bêtement remonté, je me suis un peu lâché en rendant compte de sa dernière intervention orale particulièrement foireuse. J’ai honte d’être si mesquin.

Jeudi 17 mars et vendredi 18 mars. Rien à signaler, si ce n’est que je me suis obligé — pour des raisons de boulot — à lire Podium, de Yann Moix, alors que je m’étais déjà fait chier devant le film. Je vois bien où le gars veut en venir, mais ça ne m’arrache pas un sourire.

Samedi 19 mars. La politique me navre.

Dimanche 20 mars. C’est confirmé, j’aime bien le printemps. Passage de S. et H. dans l’après-midi. Les minuscules jouent à s’attraper dans le jardin et on file à la mer. Belle lumière de fin d’après-midi, pas un chat sur la grève. Le soir, j’ai décrété que ça faisait longtemps que je m’étais pas avachi devant un film américain à la téloche. Regardé The Bone Collector, avec Denzel Washington et Angelina Jolie. J’ai eu l’intuition de qui était l’assassin avant le tunnel de pub, c’est dire si les scénaristes se sont foulés.