Moule-frites à toute heure
30/08/2004
Et voilà ! J'habite dans la nouvelle maison. La semaine dernière, j'y campais : de ce point de vue, les choses s'améliorent. D'ici la fin septembre, j'aurai sûrement déballé mon ordinateur de son carton, qui sait ?
À cinq minutes de là en bagnole, il y a un port que j'aime bien. Un vrai port, je veux dire. Pas un nid à touristes en vareuse. Un port qui pue la vase à marée basse, où il y a des bouts de filets qui traînent près des bittes d'amarrage, des mouettes qui larguent leurs fientes sur la vieille jetée, et les épouses des pêcheurs qui vendent le poisson sur des étals carrelés.
Et dans ce port, y a le « Café du Port ». Un bistrot avec des tables en bois et où ça sent le tabac à pipe. Au comptoir, y a des vieux marins tout ridés, avec des yeux bleus lavés par l'eau salée. Au-dessus, y a une ardoise avec la météo marine pour Casquets, Antifer, Manche-Est et Manche-Ouest. Ainsi qu'un grand panneau avec le nom des chalutiers du coin et leur position en mer.
J'adore déjà ce « Café du Port ». Il sent les embruns et les rêves de grand large. Quand j'y vais, j'ai l'impression d'embarquer pour Terre-Neuve et j'ai un goût de poisson salé dans la bouche.
Je sens que je vais y aller m'embuer gentiment, lire du Simenon, et rédiger mes petits trucs. Je sens que je vais y aimer les jours de pluie, à regarder la mer à travers les vitres dégoulinantes, et à écouter les histoires qui s'y racontent entre deux bières. Je sens que je vais sentir la morue, jusque dans le cœur des frites, et l'humidité et le sel.
Et ça me met plutôt en joie.