Inventaire

Un poste de radio à piles, trois cassettes des Maîtres du mystère, un aérosol de colle « spéciale montages », une visionneuse à diapositives, une cassette vidéo présentant des extraits de films en Super 8 où j’apparais à trois ans, un chargeur de piles AA, une imprimante Epson, un dictaphone à microcassettes dont la touche « Play » est cassée, le prospectus d’un hôtel de Bruges, un pot à crayons contenant un marqueur permanent, deux crayons, un stylo Bic et quelques feutres, deux paires d’écouteurs — l’une pour un téléphone portable que j’ai jeté, l’autre pour mon ordinateur —, un agenda Exacompta de l’année en cours, un train mécanique en fer blanc que je dois réparer, deux boîtes vides de tabac Capstan, deux appareils photo numériques Olympus, un scanner à plat Canon, une boîte en plastique transparent contenant :

  • un paquet de feuilles à rouler Rizla+ ;
  • un bloc de Post-it ;
  • des agrafes n° 10 ;
  • deux gommes ;
  • des clés de voiture ;
  • un médiator vert ;
  • une carte SmartMedia ;
  • des cartouches d’encre ;
  • quelques pièces de monnaie, dont des livres sterling et des francs belges et suisses.

Une calculatrice, une pipe droite Dr Boston, une blague à tabac Alsbo, deux paquets de Camel Filters entamés, un rouleau de ruban adhésif rouge, un téléphone Alcatel modèle Arpège, trois livres — L’Énigme criminelle dans les romans de Georges Perec, Johnny Rock et Quatre garçons dans la nuit —, un vieux numéro de Science & Vie, le tome III du Retour à la terre de Larcenet et Ferri, le dossier de presse du Syndicat de l’habitat de mon coin, un mug où finit de dessécher un sachet de thé Earl Grey, un cendrier de poche aux couleurs du Paléo Festival de Nyon, deux briquets, un graveur de CD Iomega, un ordinateur Compaq Presario, un clavier Logitech, un ensemble tablette graphique-souris de marque Wacom, une plaquette entamée de comprimés Maalox, une équerre transparente, une carte de mutuelle périmée, un carnet Moleskine à soufflets, trois bloc-notes de différentes tailles, un petit carnet noir, une agrafeuse « Baby », un feutre Pilot Twin Marker, un tube de colle UHU, un dictaphone numérique Olympus, un porte-cartes vide, un cutter en plastique jaune, un échantillon de parfum Allure, un câble USB, un de ces outils pour fumeurs de pipe dont j’ignore le nom, quatre bannettes en plastique rouge et une verte, soigneusement empilées et contenant, de bas en haut :

  • des documents relatifs à des projets d’articles non traités ;
  • un ensemble d’enveloppes de plusieurs formats, de cartes postales aux couleurs d’un magazine auquel je collabore et de timbres, dont une planche à l’effigie de Georges Perec — 46 centimes ;
  • une chemise en carton vert contenant divers textes rédigés ou en cours de rédaction ;
  • des articles découpés ;
  • au dernier étage, un ensemble de paperasses, format « tas à l’équilibre précaire » : numéros de téléphone notés sur des bouts de papier, feuilles de carnets, dossiers de presse en tas, formulaires d’inscription à la SACEM, photos pêle-mêle, courriers administratifs, cartes de visite.

Vous venez de lire la description quasi exhaustive de ce qui traîne sur les deux planches de pin montées sur tréteaux qui me servent de bureau.

Passons au rebord de cheminée qui me fait directement face : une boîte à chaussures Converse débordant de cartouches d’encre Epson, une boîte à tabac Early Morning Pipe, un mètre, un couteau multifonctions, neuf disquettes rouges, trois livres — Le Guide de la pige, Inconnu à cette adresse et un dictionnaire de rimes —, une photo de chacun de mes enfants, l’une sous verre, l’autre dans un cadre rouge, une lampe de bureau des années 1930 mal restaurée par mes soins, le projet d’affiche d’une pièce de théâtre pour laquelle j’ai bossé en 1997, un rouleau de scotch transparent, un flacon de Tipp-Ex, un portefeuille vide, une boîte de diapositives, une conserve de Dakatine transformée en pot à crayons, une photo où l’on me voit, vers trois ou quatre ans, en train de botter les fesses de mon frère, un coupe-papier en bois, quatre fusibles de 10 ampères, la reproduction du fétiche arumbaya à l’oreille cassée, une pierre à aiguiser et deux cartes postales. La première, envoyée par ma meilleure amie il y a plusieurs années, porte une citation de Hans Arp (1887-1966) : « C’est en écrivant que l’on devient écrevisse. » L’autre date des années 1930 et représente un port sur lequel j’ai fait un article il y a un an.

Une prochaine fois, j’évoquerai le meuble à imprimantes, les étagères à livres et à BD, et la pile de livres qui s’écroule au pied de la fenêtre.